Choisir son conjoint en islam
Les listes de critères s'allongent. Taille, revenus, diplôme, origine, ville, projet de hijra. Rien de tout cela n'est interdit. Mais la Législation a désigné deux critères comme fondement, et l'ordre compte.
Le hadith de référence
Cheikh Soulaymân Ar-Rouhayli et Cheikh Sâlih al-Fawzân s'appuient tous deux sur le même hadith rapporté par at-Tirmidhî et Ibn Mâja, authentifié par al-Albânî : « Lorsqu'un prétendant dont vous agréez la religion et le caractère se présente à vous, mariez-lui votre fille. Si vous ne le faites pas, il y aura sur terre un grand trouble et une grande corruption. »
Cheikh Ar-Rouhayli en tire la règle directement : le fondement, dans le choix du mari, c'est qu'il ait la religion et le bon caractère.
Cheikh al-Fawzân attire l'attention sur l'ordre des mots : « Regardez, il a commencé par la religion. »
Ce que « la religion » veut dire ici
Cheikh al-Fawzân précise le contenu du critère : qu'il soit droit et constant dans sa religion, qu'il accomplisse les obligations et délaisse les interdits.
Ce n'est donc pas une étiquette, ni une manière de parler, ni un vocabulaire. C'est une pratique observable dans la durée : la prière, ce qu'il consomme, ce qu'il regarde, ce qu'il fréquente, la façon dont il traite ses parents.
Ce que « le caractère » veut dire ici
Le second critère n'est pas décoratif. Cheikh al-Fawzân explique pourquoi il figure dans le hadith : afin qu'il ne soit ni sot ni de mauvais caractère, car cela trouble la vie conjugale, et peut mener jusqu'à la séparation.
Un homme peut être assidu à la mosquée et invivable au quotidien. Le hadith réunit les deux critères parce que la vie commune se joue sur les deux.
La parole d'al-Hasan ibn 'Alî
Cheikh Ar-Rouhayli rapporte cette scène. Un homme vint trouver al-Hasan ibn 'Alî et lui dit : « J'ai une fille. À qui me conseilles-tu de la marier ? » Il répondit : « Marie-la à un homme qui craint Allâh, car s'il l'aime, il l'honorera, et s'il ne l'aime pas, il ne lui fera aucun tort. »
C'est la formulation la plus utile qui soit pour un tuteur. Elle décrit un plancher : le pire scénario avec un homme qui craint Allah reste vivable. Le pire scénario avec un homme qui ne Le craint pas ne l'est pas.
Une décision qui engage plus que soi
Cheikh al-Fawzân conclut sur un point que l'on perd souvent de vue : le mariage n'est pas seulement pour assouvir le désir, il est le fondement d'une famille. Le choix entraîne des conséquences pour l'avenir, et c'est pour cela que le tuteur comme la femme elle-même doivent choisir un époux vertueux dans sa religion et son caractère.
Comment appliquer cela concrètement
Posez les deux critères en premier dans vos filtres, pas en dernier. Faites porter votre enquête sur des faits vérifiables auprès de gens qui le côtoient, pas sur des déclarations d'intention. Et ne cédez pas sur ces deux points pour compenser un critère secondaire particulièrement séduisant : c'est exactement la substitution que le hadith met en garde.
Sur Nikah, la fiche affiche la pratique religieuse et les critères, et l'échange est encadré, précisément pour que la discussion porte sur ce qui compte au lieu de commencer par l'accessoire.