Le contrat de mariage

Le consentement : on ne marie personne de force

Contraindre quelqu'un à épouser une personne dont il ne veut pas est une faute grave, et le contrat lui-même n'est pas valide. La réponse de Cheikh al-Fawzân.

Le contrat de mariage2 août 2026Par L'équipe Nikah

Le consentement : on ne marie personne de force

Une jeune femme expose sa situation : son père veut la marier à quelqu'un qu'elle déteste, et elle ne pense pas pouvoir vivre avec lui.

La réponse de Cheikh Sâlih al-Fawzân ne laisse aucune marge d'interprétation : « C'est une faute de la part de ce père. La contraindre à épouser quelqu'un dont elle ne veut pas est une faute grave. »

Et il s'adresse directement à elle : « Tu n'es pas tenue d'accepter cette personne dont tu ne veux pas. »

Ce n'est pas seulement une faute morale

Le point décisif est juridique, et il est souvent ignoré des deux côtés. Le cheikh poursuit : parmi les conditions de validité du contrat de mariage, il y a le consentement. Le consentement des deux époux l'un envers l'autre. C'est une condition de validité du contrat.

Un mariage imposé n'est donc pas un mariage valide mal vécu. C'est un contrat dont une condition manque.

Sur quoi le mariage est fondé

Le cheikh nomme le fondement : l'accord, le consentement et la vie commune.

Ces trois mots décrivent une relation qui doit tenir dans la durée. Une contrainte au départ ne produit pas une entente à l'arrivée : elle produit une vie commune qu'aucune des deux parties n'a choisie, et souvent une séparation.

La confusion à lever entre tutelle et contrainte

Beaucoup mélangent deux choses distinctes.

Le walî est une condition de validité : c'est lui qui conclut le contrat, et nous l'expliquons en détail ici.

La contrainte est un interdit. Le même Cheikh al-Fawzân, qui affirme avec fermeté la nécessité du walî, affirme avec la même fermeté qu'on ne marie personne de force, et rappelle qu'Allah a interdit au walî d'empêcher celle dont il a la charge d'épouser un homme convenable qu'elle a agréé.

La tutelle protège un choix. Elle ne le remplace pas.

Et si l'on subit une pression ?

Trois repères pratiques.

Le refus est légitime, et il ne constitue pas une désobéissance à ses parents dans ce qu'ils ont le droit de demander.

Faire porter la parole par un tiers respecté de la famille, un homme de science ou un aîné de confiance, désamorce souvent plus vite qu'un affrontement direct.

Et lorsqu'une pression devient une contrainte réelle, la question sort du cadre familial : elle relève des gens de science, et si nécessaire de la protection prévue par la loi du pays.

Comment le cadre aide

Sur Nikah, aucune mise en relation ne se fait sans démarche volontaire des deux côtés. Le walî est impliqué comme condition du contrat, jamais comme substitut au consentement. Une fiche peut être mise en pause ou masquée à tout moment, et un échange se refuse sans avoir à se justifier.

Pour aller plus loin

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