Le sujet est entouré d'angoisse, souvent des deux côtés, et la Sounnah y répond de manière étonnamment concrète.
L'invocation
Cheikh Soulaymân Ar-Rouhayli rapporte le hadith : « Lorsque l'un de vous épouse une femme ou acquiert un serviteur, qu'il dise : Ô Allâh, je Te demande son bien et le bien de ce sur quoi Tu l'as façonnée, et je cherche refuge auprès de Toi contre son mal et le mal de ce sur quoi Tu l'as façonnée. » Rapporté par Abou Dâwoud, jugé bon par al-Albânî.
Le cheikh précise le geste qui l'accompagne : il est recommandé que l'époux pose sa main sur la tête de son épouse et qu'il invoque pour elle la bénédiction.
Ce geste dit quelque chose avant même les mots. Il est calme, il est protecteur, et il n'exige rien.
Pourquoi la douceur est recommandée
Le même cheikh explique la raison, et son analyse est d'une justesse remarquable.
Il rappelle qu'à ce moment, elle lui est encore étrangère, et qu'il vient d'entrer auprès d'elle. Il y a donc en elle une certaine crainte et une certaine réserve, et elle a besoin qu'il l'apaise et la traite d'une manière qui dissipe sa peur.
C'est une observation de bon sens, mais elle est ici formulée comme une recommandation de la Sounnah, pas comme un conseil optionnel.
Le bol de lait
Cheikh Ar-Rouhayli tire de la Sounnah un usage précis, et c'est peut-être le passage le plus utile de tout ce corpus pour un jeune marié.
Il recommande que l'époux lui offre à boire, du lait, un jus ou autre chose, qu'il en boive lui-même, puis qu'il le lui tende.
L'origine est le récit rapporté par l'imâm Ahmad, où Asma' al-Ashhaliyya raconte avoir paré ʿÂ'isha pour le Messager d'Allah, puis être allée le chercher. Il vint, s'assit à ses côtés, on apporta un grand bol de lait, il en but, puis le lui tendit. Elle baissa la tête, pleine de pudeur, et Asma' dut l'encourager à prendre le bol de sa main. Elle en but alors un peu.
Ce que ce récit apprend
Il montre une gêne réelle, chez ʿÂ'isha, qu'Allah l'agrée, et il ne la traite pas comme un problème. Personne ne la presse. On lui tend quelque chose de simple, et on attend.
Cheikh Ar-Rouhayli en tire l'avertissement correspondant : il n'est pas convenable de ne pas tenir compte de cet état, et de commencer par ce qui augmente sa peur, au risque de la dégoûter de la relation conjugale.
Le premier soir se joue donc moins sur ce que l'on fait que sur le rythme que l'on impose.
Le repas de noces
La walîma obéit au même principe de facilité, que nous détaillons dans notre article sur la dot : elle se contente de ce qui est facile, et le texte fixe un plancher accessible, pas un plafond à atteindre.