La vie conjugale

Bien traiter son épouse : ce que la Sounnah demande vraiment aux maris

Ne pas la prendre en aversion pour un trait, ne jamais l'humilier, garder la dispute à la maison, et ne pas chercher à la redresser de force.

La vie conjugale2 août 2026Par Abou ’AbdiLLAH

Quatre savants, quatre angles, et une même exigence adressée aux maris. Le sujet est traité ici sans détour parce que c'est là que les manquements sont les plus fréquents et les moins dénoncés.

Ne regarde pas d'un seul œil

Cheikh Mouhammad al-ʿOuthaymîn part du hadith : « Qu'un croyant ne déteste pas une croyante : s'il déteste en elle un trait de caractère, un autre le satisfera. »

Son commentaire est d'une justesse rare. Ne regarde pas la conduite de ton épouse envers toi avec l'œil du borgne, qui ne voit que d'un seul côté. Considère les choses de tes deux yeux à la fois, afin de les voir telles qu'elles sont réellement.

C'est une description clinique d'un biais que tout le monde connaît : on juge l'autre sur son pire trait et soi-même sur ses meilleures intentions.

La bonté, sans limite fixée

Cheikh ʿAbd ar-Razzâq al-Badr s'arrête sur le hadith « Traitez les femmes avec bonté », rapporté par al-Boukhârî et Mouslim, et relève un détail de formulation.

Le mot « bonté » y est employé sans aucune limite : il englobe donc toute forme de bien, en paroles comme en actes.

Et il note que le Prophète n'a pas dit « je vous conseille au sujet des femmes » mais « conseillez-vous les uns les autres à leur sujet ». Le bon traitement des épouses n'est donc pas seulement une affaire privée : c'est un conseil que les musulmans se doivent entre eux. Le cheikh vise explicitement le cas de l'homme connu pour être rude envers sa famille, à qui il faut le rappeler.

Ne l'humilie jamais

Le même cheikh commente « et ne l'insulte pas », et il ne se réfugie pas dans l'abstrait : il énumère les insultes ordinaires, celles qui portent sur le physique ou sur la famille d'origine. Tout cela est interdit, et l'homme doit surveiller sa langue.

Il commente ensuite « et ne la boude qu'à la maison ». Son analyse est très pratique : quand la dispute reste à la maison, l'affaire reste entre eux. Si elle se sait, revenir en arrière devient difficile, d'autres s'en mêlent, et la situation s'aggrave.

Exposer son conflit conjugal, c'est y ajouter des parties prenantes qui n'ont aucun intérêt à la réconciliation.

La côte que l'on brise

Cheikh Mouhammad ibn Zayd al-Madkhalî rappelle l'image prophétique de la côte, dont la partie la plus courbe est le haut : si l'on cherche à la redresser, on la brise.

Cheikh al-Badr en tire la conséquence la plus dure, à partir du hadith rapporté par Mouslim : la briser, c'est la divorcer.

Et il décrit ce qu'il voit : beaucoup se précipitent vers cette rupture pour les motifs les plus futiles, une histoire de cuisine, de linge, de rangement. Il y voit une faiblesse chez ces hommes, et un manque de bienfaisance et de douceur. Ce qu'il faut faire, dit-il, c'est chercher à arranger les choses avec patience, calme et douceur, en apaisant petit à petit.

Ce qu'il faut en retenir

La ligne commune des quatre savants n'est pas « sois gentil ». Elle est plus précise : la dureté est contre-productive, l'humiliation est interdite, la dispute se garde à la maison, et vouloir corriger l'autre de force revient à le perdre.

Pour aller plus loin

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