Le hadith est connu et souvent cité de travers, réduit à une formule sur l'obéissance. Il dit à la fois plus et autre chose.
Ce que dit le texte
Cheikh ʿAbd as-Salâm ash-Shuwayʿir rappelle le hadith : « Ce bas monde est une jouissance, et sa meilleure jouissance est l'épouse vertueuse. »
Et il note que le Prophète a lui-même décrit cette épouse : quand il la regarde, elle le réjouit, et quand il lui demande, elle obéit.
Le cheikh en tire que ce que la femme fait de mieux pour que sa vie de couple soit belle, c'est d'obéir à son mari dans ce qu'il lui ordonne de bien, et de s'abstenir de ce qu'il lui interdit.
Le membre de phrase « dans le bien » n'est pas un ornement. Il est la limite. Aucune obéissance n'est due dans la désobéissance au Créateur, et cette réserve est constante chez les gens de science.
Ce que cela vaut
Cheikh Mouhammad Saʿîd Raslân décrit ce qu'un homme reçoit lorsqu'il a chez lui une épouse croyante, pieuse, éduquée sur les principes de l'Islam, et qui préserve son honneur et sa religion. Il appelle cela l'accomplissement suprême.
Ce vocabulaire est délibéré. Il place l'épouse vertueuse plus haut que ce que la plupart des hommes passent leur vie à poursuivre.
La fidélité mise à l'épreuve
Le même cheikh nomme ensuite l'inverse, et il ne l'épargne pas. Il décrit celle qui ne remplit son devoir que tant que son mari est en bonne santé, jeune, riche et bien placé, et qui se détourne dès que le malheur le frappe : malade après la santé, pauvre après la richesse, âgé après la jeunesse.
Il conclut que ce n'est pas là le caractère des femmes nobles, et que rester fidèle avec sincérité est l'une des plus belles qualités de la femme.
Cette exigence a exactement son miroir du côté des maris, et nous la traitons dans les erreurs qui abîment le couple.
Fâtima bint ʿAbd al-Malik
Cheikh Raslân propose un exemple, et il est saisissant.
Fâtima bint ʿAbd al-Malik était fille de calife, sœur de califes, et épouse du calife ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz. Elle entra dans la maison de son époux chargée de bijoux considérables. Quand ce dernier choisit que sa maison ne dépenserait que quelques dirhams par jour, elle envoya l'ensemble de ses joyaux au trésor des musulmans.
Il mourut peu après, sans rien laisser. Son frère, devenu calife, lui proposa de lui restituer ses biens, qui étaient licites et toujours conservés. Elle refusa, avec cette phrase : jamais elle ne lui obéirait de son vivant pour lui désobéir après sa mort.
Elle et ses enfants en avaient alors le plus grand besoin.
Le cheikh conclut que c'est ainsi qu'Allah lui a inscrit une forme d'immortalité, puisque l'on parle encore de la noblesse de son âme des siècles plus tard.
Ce que cet exemple enseigne
Il ne demande à personne de renoncer à une fortune. Il montre ce qu'est la loyauté quand elle n'est plus surveillée par personne, et quand elle coûte réellement quelque chose.