Cheikh Mouhammad Saʿîd Raslân traite les erreurs conjugales en deux séries distinctes, celles des maris et celles des épouses, sans en épargner aucune. Voici cinq d'entre elles, réunies parce qu'elles procèdent d'un même mécanisme : ce qui use un foyer n'est presque jamais un événement, c'est une habitude.
Beaucoup d'insatisfaction, peu de gratitude
Le cheikh décrit celle qui est toujours mécontente, rarement reconnaissante, et insatisfaite du bien qui lui a été accordé.
Le détail qu'il relève est le plus parlant : elle compare sa situation à celle des autres épouses. Si son mari lui donne de l'argent, elle le juge peu comparé à ce que reçoivent ses semblables. S'il lui offre un cadeau, elle l'accueille avec une mine sombre.
Sa conclusion se passe de commentaire : si seulement elle avait sa part de contentement, les soleils du bonheur se lèveraient sur elle.
La comparaison est le mécanisme, et il n'a pas de fond. Aucun cadeau ne survit à une comparaison avec le meilleur cadeau reçu par quelqu'un d'autre.
Rabâcher ses faveurs
Autre erreur nommée : celle qui sert son mari, prend soin de lui et de ses parents, mais le lui rappelle sans cesse.
Le cheikh est net sur la gravité : rappeler ses faveurs est un trait bas, laid chez quiconque, et plus laid encore de l'épouse envers son mari. Et il nomme l'effet exact : ces reproches détruisent le bienfait et fissurent la dignité.
Un service rappelé cesse d'être un service. Il devient une créance.
Troubler la quiétude de l'autre
Ce passage est plus fin, et rarement traité. Le cheikh décrit le plaisir que trouve celui qui se recueille, qui étudie, qui médite dans le calme.
Il observe que l'épouse peut ne pas ressentir ce plaisir, n'y voir aucun sens, et même l'interpréter comme du rejet ou de l'éloignement. Et il avertit : si elle s'obstine à troubler cette sérénité, elle finira par lui faire détester l'atmosphère du foyer, et l'aversion pour la maison peut s'étendre à l'aversion pour l'épouse.
Mais il ferme immédiatement la porte à l'abus de cet argument : cela ne veut pas dire que le mari peut négliger les droits de son épouse. Il doit s'en acquitter, et s'excuser auprès d'elle s'il manque.
Ignorer sa nature
Le cheikh range parmi les erreurs des maris le fait d'ignorer les états naturels de la femme : la grossesse, les règles, les suites de l'accouchement.
Il décrit les conséquences concrètes, surtout pendant la grossesse, où elle peut se mettre à détester certaines choses au point de ne plus en supporter la vue, jusqu'à détester sa maison, et même son mari.
Et il décrit l'erreur qui suit : le mari qui ignore cet état l'interprète comme de la haine et de la lassitude envers lui, l'orgueil le saisit, et il se précipite pour divorcer, sans savoir que tout cela échappe à la volonté de son épouse.
Son remède est d'une simplicité désarmante : s'il ignore ce genre d'états, qu'il questionne. Le remède de l'ignorance, c'est de questionner.
La loyauté qui s'arrête au malheur
Enfin, la même exigence adressée aux deux.
Aux maris : le cheikh décrit celui qui ne se soucie de son épouse que tant qu'elle est jeune, en bonne santé et avantagée, et qui se détourne dès qu'elle vieillit, tombe malade ou s'appauvrit. Il mentionne aussi le cas de celui qui divorce quand la maladie fait craindre la mort, pour priver son épouse de l'héritage.
Aux épouses : la symétrie exacte, celle qui se détourne quand son mari devient malade après la santé, pauvre après la richesse, âgé après la jeunesse. Nous la traitons dans l'épouse vertueuse en islam.
Sa conclusion vaut pour les deux : les gens de loyauté gardent l'affection et n'oublient pas le bien reçu, aussi loin que remonte le temps.