Le sujet est rarement traité de front, sans doute parce qu'il touche à ce que l'on montre le moins. Cheikh Mouhammad Saʿîd Raslân le range explicitement parmi les erreurs des maris.
Le comportement visé
Il décrit d'abord le cas simple : certains maris rognent sur leur épouse, avares dans la dépense malgré son besoin criant, alors qu'ils en ont largement les moyens.
Puis il nomme le cas aggravé, et c'est celui qui pique. Être avare de la dépense obligatoire envers son épouse tout en distribuant son argent aux copains, dans les banquets d'apparat et les sorties. Il résume la scène : dilapider pour ses plaisirs, et se détourner quand sa famille demande un peu.
Ce n'est donc pas une question de moyens. C'est une question de priorité, et la priorité est visible dans les dépenses réelles, pas dans les intentions déclarées.
La règle
Le cheikh la pose sans détour : la dépense pour son épouse passe avant toute autre dépense. Et il ajoute que c'est une chose que beaucoup négligent.
Il s'appuie sur le hadith rapporté par Mouslim, d'après Abou Hourayra, qui classe quatre dépenses par ordre de récompense : dans le sentier d'Allah, pour affranchir, en aumône à un pauvre, et pour sa famille. La plus grande en récompense est celle dépensée pour la famille.
C'est un classement contre-intuitif, et il est fait pour l'être. Ce que l'on donne à ceux dont on a la charge n'est pas moins méritoire que ce que l'on donne dehors : c'est davantage.
Pourquoi c'est un sujet de mariage, pas seulement de budget
L'avarice envers l'épouse touche à un droit, pas à un confort. Elle relève donc du chapitre des droits que nous traitons dans les droits et devoirs des époux : on ne peut pas réclamer ce qui nous est dû en refusant ce que l'on doit.
Et elle a un pendant du côté des épouses, que Cheikh Raslân traite ailleurs avec la même fermeté : l'insatisfaction permanente et la comparaison avec ce que reçoivent les autres. Nous le détaillons dans les erreurs qui abîment le couple.
Un point pratique avant le mariage
Beaucoup de ces situations se voient venir. La question de la situation matérielle et des engagements en cours fait partie de ce qu'il est légitime d'aborder pendant la mouqabalah, sans gêne et sans détour. Nous en donnons la liste dans notre article sur le cadre de la mouqabalah.