Contrat de mariage

Le nikah selon la Sounnah

Un nikah n'est pas valide parce qu'il a été célébré, mais parce que ses conditions ont été réunies. Elles sont peu nombreuses, elles sont connues, et tout ce qui suit est rapporté tel que Cheikh Ibn Bâz l'a énoncé : ce que le contrat exige, et ce qui l'entoure sans le conditionner.

Nikah, zawâj, 'aqd : de quoi parle-t-on

« Nikah » est le mot arabe du contrat de mariage. C'est celui que l'on emploie en disant « faire son nikah » : il ne désigne ni une cérémonie ni une fête, mais l'acte par lequel le mariage est conclu. « 'Aqd » dit la même chose plus littéralement encore, puisque le mot signifie contrat.

« Zawâj » désigne le mariage lui-même, l'union et la vie commune qui en découlent. Les deux termes circulent ensemble chez les francophones, souvent l'un pour l'autre, et beaucoup gardent le mot arabe tel quel plutôt que de le traduire.

Cette page emploie « nikah » au sens du contrat. Le vocabulaire varie selon les régions et les familles ; ce qui suit ne porte pas sur les mots mais sur le contrat lui-même, point par point, chacun rapporté tel que Cheikh Ibn Bâz l'a formulé, avec son texte arabe et le lien vers la fatwa.

Le mariage réunit quatre personnes

Le Cheikh énumère quatre présences, et le mariage légiféré est celui qui les réunit : le walî, l'époux et les deux témoins. Ce n'est pas la description d'un usage souhaitable, c'est celle du contrat lui-même.

La même fatwa distribue les rôles. L'époux est celui qui a le besoin. Le walî marie et prononce la formule : je t'ai donné en mariage Unetelle fille d'Untel. L'époux répond : j'accepte. Et les deux témoins en témoignent. C'est donc le walî qui conclut, du côté de la femme.

L'énumération est à lire telle quelle : la femme n'est pas nommée parmi les quatre, c'est son walî qui y figure et qui prononce pour elle. Ce que la liste écarte, c'est l'hypothèse d'un contrat passé seul à seul. Quatre personnes, pas deux. La suite de la page reprend chaque point dans l'ordre des fatwas : le walî, le consentement, la dot, l'annonce, puis le contrat auquel il manque quelque chose.

والنكاح يحضره أربعة: الولي والزوج والشاهدان، هذا هو النكاح الشرعي

Le mariage réunit quatre personnes : le walî, l'époux et les deux témoins. C'est cela, le mariage légiféré.
Fatwa n° 12666, binbaz.org.sa

Le walî, et dans quel ordre

Le walî n'est pas un rôle que l'on attribue. La fatwa le définit : c'est le plus proche des agnats de la femme, c'est-à-dire de ses parents par les hommes. Et elle en donne la liste, dans l'ordre.

Le père d'abord. Puis le grand-père et les ascendants parmi les hommes. Puis son fils, puis le fils de son fils et les descendants. Puis son frère germain, puis son frère de père. Puis le reste des agnats, du plus proche au plus éloigné.

L'ordre a une conséquence directe : la question « qui est le walî ? » a une réponse, et cette réponse ne dépend ni de la préférence des uns ni de l'usage des familles. Elle se lit dans la liste.

ولي وهو أقرب العصبة إلى المرأة أبوها ثم جدها وإن علا من الذكور ثم ابنها ثم ابن ابنها وإن نزل، ثم أخوها الشقيق، ثم أخوها لأب، ثم بقية العصبة الأقرب فالأقرب

Le walî, c'est le plus proche des agnats de la femme : son père, puis son grand-père et les ascendants parmi les hommes, puis son fils, puis le fils de son fils et les descendants, puis son frère germain, puis son frère de père, puis le reste des agnats, du plus proche au plus éloigné.
Fatwa n° 12666, binbaz.org.sa

Le consentement de la femme

La fatwa ne distingue pas les cas : il n'est permis à personne de contraindre sa fille, qu'elle ait déjà été mariée ou qu'elle soit vierge. Les deux situations sont nommées, et la contrainte est écartée pour l'une comme pour l'autre.

À la place, deux gestes lui incombent : demander leur autorisation, et les consulter à leur sujet. La formulation est celle de l'obligation, pas celle du conseil. Un père qui n'a pas posé la question n'a pas rempli ce qui lui est demandé.

La même fatwa rapporte à l'appui, des deux Sahîh, la parole du Prophète ﷺ : la vierge n'est pas mariée avant qu'on lui demande son autorisation, et celle qui a déjà été mariée avant qu'on lui demande son avis. Et il a dit : qu'elle se taise, car l'autorisation de la vierge est son silence.

فلا يجوز لإنسان أن يجبر ابنته الثيب ولا البكر، بل يجب أن يستأذنهما، ويشاورهما في أنفسهما

Il n'est permis à personne de contraindre sa fille, qu'elle ait déjà été mariée ou qu'elle soit vierge. Il lui incombe au contraire de leur demander leur autorisation et de les consulter à leur sujet.
Fatwa n° 4528, binbaz.org.sa

La dot : indispensable, sans être un pilier

La formulation est précise, et elle surprend souvent : la dot ne fait pas partie des piliers du mariage, ni de ses conditions, mais elle est indispensable. Trois affirmations dans une seule phrase, et la troisième ne s'efface pas derrière les deux premières.

La même fatwa en donne la conséquence : celui qui épouse sans dot n'a pas conclu un mariage nul. Le mariage est valide, et la dot des semblables est alors due à l'épouse. Ne pas la nommer au contrat ne la supprime donc pas, cela la laisse à déterminer.

Deux choses tiennent ensemble : on ne peut pas traiter la dot comme facultative, puisqu'elle est indispensable ; et on ne peut pas déclarer nul un contrat où elle n'a pas été nommée, puisque la fatwa le dit valide.

ليس المهر من أركانه، ولا من شرائطه، ولكنه لابد منه

La dot ne fait pas partie de ses piliers ni de ses conditions, mais elle est indispensable.
Fatwa n° 14950, binbaz.org.sa

L'annonce, ce qui sépare le nikah de la fornication

Le terme employé est celui de l'obligation : rendre le mariage public est obligatoire. Le motif est donné dans la même phrase, et il est sans détour : pour que le mariage se distingue, et qu'il ne soit pas de la fornication.

Le moyen nommé est la walîma : rendre public et annoncer en faisant un repas. Ce qui est demandé, c'est que le mariage se sache. Un contrat que l'on tient caché ne remplit pas ce que cette fatwa exige, puisque c'est justement la distinction qui est visée.

La fatwa met en garde dans la foulée : il ne convient pas de se surcharger, car la surcharge peut empêcher les gens de se marier et causer que jeunes gens et jeunes filles restent sans mariage. La sounnah, dit-elle, est de ne pas se surcharger.

إشهار النكاح واجب، حتى يتميز حتى لا يكون زنا، إشهاره وإعلانه بصنع وليمة

Rendre le mariage public est obligatoire, afin qu'il se distingue et ne soit pas de la fornication ; le rendre public et l'annoncer en faisant une walîma.
Fatwa n° 12097, binbaz.org.sa

Ce qui rend le contrat nul, et comment on le rattrape

Le Cheikh nomme le cas et le tranche : ce que l'on appelle le mariage coutumier, à savoir qu'elle se marie elle-même sans walî, n'est pas permis ; c'est nul selon la majorité des gens de science. Le mot est de la fatwa, cette page ne fait que le rapporter.

La fatwa n° 12666 dit ce qui manque, la fatwa n° 7804 dit quoi en faire. Pour ce qui a été conclu par négligence, sans les deux témoins ou sans walî, il convient de renouveler : refaire le mariage avec ses conditions légiférées, un walî et deux témoins présents au nouveau contrat.

Une précision compte, et c'est souvent elle que l'on redoute : la fatwa n° 7804 ajoute que leurs enfants nés auparavant leur sont rattachés, en raison du doute. La filiation n'est pas atteinte par l'irrégularité du contrat ; c'est le contrat, et lui seul, qui est à reprendre.

أما ما يسمى بالزواج العرفي وهو كونها تزوج نفسها من دون ولي هذا لا يجوز بل هو باطل عند جمهور أهل العلم

Quant à ce que l'on appelle le mariage coutumier, à savoir qu'elle se marie elle-même sans walî, cela n'est pas permis ; c'est au contraire nul selon la majorité des gens de science.
Fatwa n° 12666, binbaz.org.sa

Ce que cela impose à une plateforme

Une plateforme ne conclut aucun contrat et ne rend aucun mariage valide. Ce qu'elle peut faire, c'est ne pas organiser l'inverse de ce qui précède. Cela se traduit en décisions vérifiables, pas en déclaration d'intention au bas d'une page.

Dès que la sœur s'inscrit, le walî est identifié et reçoit un accès à l'échange dès le premier message, sans avoir à créer de compte. Il n'est pas prévenu à la fin : il voit la mise en relation pendant qu'elle se fait.

Chaque message passe devant un modérateur humain avant d'être remis, et non par sondage. Il n'y a aucune photo de profil, par conception. Un seul échange peut être ouvert à la fois : la démarche avance vers une décision, ou elle s'arrête, mais elle ne se démultiplie pas.

Questions fréquentes

Un nikah sans walî est-il valide ?

Non. La fatwa n° 12666 nomme ce cas : ce que l'on appelle le mariage coutumier, à savoir qu'elle se marie elle-même sans walî, n'est pas permis, et c'est nul selon la majorité des gens de science. La fatwa n° 7804 indique la suite pour ce qui a été fait par négligence : renouveler le mariage avec ses conditions légiférées, un walî et deux témoins présents au nouveau contrat.

Une femme peut-elle se marier elle-même ?

Non. La fatwa n° 12666 décrit qui fait quoi : l'époux est celui qui a le besoin, le walî marie et prononce la formule, l'époux répond qu'il accepte, et les deux témoins en témoignent. La femme n'est pas l'une des quatre. Son consentement reste requis pour autant : la fatwa n° 4528 interdit de la contraindre, vierge ou déjà mariée, et impose de lui demander son autorisation.

Qui est le walî quand le père est décédé ?

La fatwa n° 12666 donne l'ordre : le père, puis le grand-père et les ascendants parmi les hommes, puis son fils, puis le fils de son fils et les descendants, puis le frère germain, puis le frère de père, puis le reste des agnats, du plus proche au plus éloigné. C'est cette liste qui répond, et non l'usage de la famille.

Faut-il fixer la dot au moment du contrat ?

La fatwa n° 14950 répond en deux temps. D'abord : la dot ne fait partie ni des piliers du mariage ni de ses conditions, mais elle est indispensable. Ensuite : celui qui épouse sans dot n'a pas conclu un mariage nul, la dot des semblables est due à l'épouse et le mariage est valide. Ne pas la nommer au contrat ne la supprime donc pas, cela la laisse à déterminer. Cette réponse s'en tient à ce que la fatwa énonce et n'ajoute aucune condition qu'elle ne pose pas.

Le nikah est-il valide si la femme n'est pas présente au moment du contrat ?

La fatwa n° 12666 nomme quatre personnes au contrat : le walî, l'époux et les deux témoins. La femme n'y est pas nommée, c'est son walî qui marie et prononce la formule pour elle. Son accord, lui, ne se contourne pas : la fatwa n° 4528 interdit de la contraindre et impose de lui demander son autorisation. Présence et consentement sont deux questions distinctes.

Que faire d'un contrat déjà conclu sans walî ni témoins ?

La fatwa n° 7804 répond pour le cas de la négligence : il convient de renouveler le contrat, de refaire le mariage avec ses conditions légiférées, un walî et deux témoins présents au nouveau contrat. Elle ajoute que les enfants nés auparavant restent rattachés à leurs parents, en raison du doute.

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Sources

Une démarche qui commence par le walî

Le tuteur est renseigné dès l'inscription et reçoit un accès à l'échange dès le premier message. Ce n'est pas une option de la plateforme, c'est sa condition d'entrée.

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