Deux discours opposés circulent, et ils sont faux tous les deux. L'un fait du divorce une honte qu'il faudrait éviter à tout prix. L'autre en fait une option ordinaire, disponible au premier désaccord.
Cheikh Mouhammad Saʿîd Raslân décrit une troisième position, qui est celle de la Législation.
L'ordre des choses
Il commence par le stade où l'on est encore dans la réparation. Quand les liens se relâchent entre les deux cœurs, la sérénité, l'affection et la miséricorde s'en vont, et c'est pourquoi on s'efforce de se rapprocher, de réconcilier et de recoller les morceaux.
L'effort de réconciliation vient donc en premier, et il n'est pas facultatif.
Le moment où cela change
Le cheikh décrit ensuite la situation où la réparation n'est plus possible : quand les liens se brisent, quand la nature de l'un des époux se dérègle, quand les instincts l'emportent sur les vertus, et que toutes les tentatives de réconciliation ont échoué.
Sa conclusion est formulée du point de vue d'Allah, et c'est ce qui la rend juste : Allah est trop miséricordieux pour imposer à Ses serviteurs d'endurer ce genre de tourment intérieur, de forcer l'union de deux cœurs qui ne s'accordent pas, de deux âmes qui se rejettent et ne se reconnaissent pas. C'est pour cela qu'Il leur a légiféré le divorce.
Le divorce n'est donc pas une faille dans le système. C'est une issue prévue, et elle est présentée comme une miséricorde.
Ce que cela n'autorise pas
La condition tient en une clause : toutes les tentatives de réconciliation ont échoué.
C'est précisément ce que Cheikh ʿAbd ar-Razzâq al-Badr dénonce ailleurs, en observant que beaucoup se précipitent vers la rupture pour les motifs les plus futiles, une histoire de cuisine, de linge ou de rangement, et qu'il y voit une faiblesse et un manque de douceur. Nous détaillons ce passage dans bien traiter son épouse.
Cheikh Raslân décrit lui-même le mécanisme d'entraînement : les tiers qui amplifient l'affaire, les médisants qui attisent le conflit, et le Shaytân qui embellit alors le divorce aux yeux du mari. Nous le traitons dans les disputes dans le couple musulman.
Deux cas à ne pas confondre
Un divorce prononcé après un vrai effort de réconciliation, entre deux personnes qui ne s'accordent pas, est une porte que la Législation a ouverte.
Un divorce prononcé par entêtement, dans la colère, ou pour une contrariété domestique, est ce que les mêmes savants qualifient de précipitation et de faiblesse.
Une remarque pour ceux qui recommencent
Une personne divorcée n'est pas une personne diminuée, et le préjugé qui l'accompagne parfois dans nos communautés n'a pas de fondement. Sur Nikah, les fiches de frères et de sœurs divorcés sont traitées exactement comme les autres, avec la même modération et la même exigence.